1er juillet 2007 - les lieux publics sont non fumeurs en Angleterre
LONDRES - A partir de dimanche, il sera interdit de fumer dans les lieux publics en Angleterre, une décision généralement bien acceptée par des Britanniques qui achètent de plus en plus de produits pour arrêter de fumer. (Publicité)
Cette interdiction entre en vigueur dimanche à 06H00 (05H00 GMT) : tous les lieux publics, les bureaux et autres lieux de travail fermés ou partiellement fermés, et la plupart des véhicules professionnels sont concernés.
Il sera en revanche possible de fumer à l’extérieur des bâtiments, dans les jardins et arrières cours des établissements.
L’Irlande a été le premier pays européen à emprunter cette voie en mars 2004. Depuis, la Norvège, l’Italie, Malte, la Suède, la Lettonie, la Lituanie, la France, la Finlande et l’Islande ont également franchi le pas, avec des variantes.
Au Royaume-Uni, les lieux publics sont non fumeurs en Ecosse depuis 2006, et au Pays de Galles et en Irlande du nord depuis avril 2007.
La Commission européenne est favorable à une interdiction générale de fumer dans les espaces publics fermés, sans exception pour les restaurants.
La cigarette est responsable de 650.000 décès par an dans l’UE, auxquels s’ajouteraient 80.000 morts par tabagie passive.
Le ministère britannique de la Santé a chiffré le coût annuel du tabagisme pour le NHS, système public de santé, entre 1,4 et 1,7 milliard de livres (2,07 à 2,52 milliards d’euros).
Ces législations antitabac visent à limiter les effets nocifs sur les non fumeurs exposés à d’importants risques de maladies graves (cancer du poumon, maladies cardiaques et respiratoires).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le tabagisme passif parmi les cancérigènes.
La perspective de cette interdiction a déjà incité de nombreux Britanniques à éteindre leur dernière cigarette, ou en tout cas à essayer.
Le marché des produits pour arrêter de fumer franchira cette année au Royaume-Uni la barre des 100 millions de livres (148 millions d’euros), soit un bond de 40% depuis 2002, selon le groupe de recherche Mintel, tablant sur 140 millions (207 millions d’euros) en 2011.
A côté des traditionnels patches et chewing-gums, la gamme de substitution comprend un spray bucal qui donne la nausée en cas de rechute, du gel pour les mains à l’extrait de tabac ou encore une boisson à la nicotine. Il existe même un kit pour abandonner la cigarette en deux semaines.
Selon une étude réalisée par un syndicat médical, 70% des généralistes anglais ont constaté l’an dernier une augmentation des consultations pour arrêter de fumer. Ce chiffre a atteint 95% en Irlande du nord, 83% en Ecosse et 79% au Pays de Galles.
Tout ce qui contient du tabac (cigare, pipe, narguilé) mais aussi les produits sans tabac (cigarette à l’eucalyptus, à la menthe) seront bannies des lieux publics, y compris les quais de gare, les pubs et les restaurants.
Et il en coûtera cher aux contrevenants : un fumeur pris sur le fait risque jusqu’à 200 livres d’amende (296 euros), et ceux chargés de faire respecter la loi dans leurs locaux risquent jusqu’à 2.500 livres d’amende (3.712 euros).
Si certaines activités comme les bars à chicha ou l’industrie du bingo (1,9 milliard de livres, 2,82 milliards d’euros) s’attendent à pâtir de cette nouvelle réglementation, l’Association britannique des pubs et de la bière (BBPA) se frotte les mains.
"L’interdiction de fumer va profiter aux pubs. Cela va nous permettre de faire revenir des gens qui ne venaient plus à cause de l’atmosphère enfumée, cela va nous permettre d’attirer les 75% de la population qui ne fument pas mais aussi de garder nos clients fumeurs avec nos espaces extérieurs", explique Mark Hastings, porte-parole de la BBPA qui représente la moitié des 60.000 pubs britanniques.
Le groupe de pubs Mitchells and Butlers a indiqué en septembre 2006 que son activité de restauration avait progressé de 11% seulement six mois après l’interdiction en Ecosse.
Par Elodie MAZEIN

