Le sevrage tabagique diminue risques opératoires et complications postchirurgicales

Une toute récente revue de la littérature [1] confirme que les fumeurs sevrés de longue date ont un risque opératoire moindre que les fumeurs, et identique à celui des non-fumeurs. Les auteurs ont analysé 12 études prospectives, sélectionnées sur des critères méthodologiques de validité. Ils retrouvent une moindre incidence de complications postopératoires chez les anciens fumeurs par rapport aux fumeurs. Le risque n’est pas significativement différent entre les anciens et les non-fumeurs. Si aucun délai minimal préopératoire n’a pu être précisé, un sevrage, même court, réduit le risque de complications chirurgicales. L’arrêt du tabagisme doit donc être systématiquement proposé et encouragé, en particulier pour les personnes à risque opératoire élevé.

En France, 2 millions de fumeurs nécessitent chaque année une intervention chirurgicale. Des recommandations professionnelles (2) ont été émises en 2005 par l’Association française de chirurgie (AFC), la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar) et l’Office français de prévention du tabagisme (OFT). Comme le rappellent les experts, le tabagisme périopératoire augmente le risque de complications générales et chirurgicales, multipliant :

- par 3 le risque infectieux et coronaire ;

- par 2 le nombre de transferts en unité de réanimation et de complications respiratoires immédiates ;

- par 8 le risque d’absence de consolidation osseuse ;

- par 2 à 4 celui de complications au site opératoire.

Le sur-risque lié au tabagisme disparaît lorsque le sevrage débute 6 à 8 semaines avant l’intervention et est poursuivi 2 semaines à 4 mois après. Ce délai permet de meilleures suites opératoires et une meilleure cicatrisation (2 à 4 semaines) et reconstruction des os (2 à 4 mois).

Un arrêt 3 à 4 semaines avant l’intervention améliore tous les paramètres opératoires. L’arrêt moins de 3 semaines avant reste bénéfique, notamment vis-à-vis des complications cardiovasculaires. Il l’est même pour un arrêt réalisé 12 à 48 heures avant, la baisse du monoxyde de carbone (CO) circulant assurant une meilleure oxygénation.

La simple réduction de la quantité de tabac fumé sans substitution nicotinique est insuffisante et non recommandée par les experts.

L’acte chirurgical est l’occasion d’inciter à l’arrêt du tabac. Chez un fumeur qui ne veut ou ne peut s’arrêter, la réduction du tabagisme avec prise simultanée de substituts nicotiniques peut être un premier pas vers un sevrage définitif.


1. Theadom A, Cropley M. Effects of preoperative smoking cessation on the incidence and risk of intraoperative and postoperative complications in adult smokers : a systematic review. Tob Control 2006.