Les lycées ont mis le paquet contre la clope
On respire mieux dans les lycées. Quinze ans après l’entrée en vigueur de la loi Evin, une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, publiée hier, dévoile une accélération de son application en milieu scolaire. Menée auprès de 235 lycéens, l’enquête complète un état des lieux déjà dressé en 2002 sur la question. Bilan : après des années d’immobilisme, proviseurs, membres du personnel et lycéens semblent enfin avoir admis qu’il est permis de fumer uniquement « dans les emplacements réservés aux fumeurs ».
Les chiffres sont éloquents. En 2002, 40% des lycéens déclarent fumer régulièrement dans l’enceinte de leur établissement, ils ne sont plus que 14% aujourd’hui. Un résultat qui découle en partie d’une application plus stricte de la loi. Les proviseurs ont été plus nombreux à créer des zones réservées aux fumeurs ou à bannir le tabac de leurs établissements. Parallèlement, l’étude révèle que les jeunes transgressent moins les règles. En revanche, l’interdiction aux moins de 16 ans d’accéder aux zones fumeurs est appliquée par seulement un lycée sur quatre.
Autre nouvelle rassurante pour les autorités sanitaires, le nombre de lycéens qui ne laissent pas passer un jour sans s’en griller une est tombé de 32% à 24%.
Les causes d’une telle amélioration sont multiples. Le plan cancer lancé en 2003 et les hausses successives du prix des cigarettes, en 2003 et en 2004, ont probablement été décisives.
Les lycéens sont-ils prêts pour l’interdiction totale de février 2007 ? « Il s’est passé beaucoup de choses en quatre ans, les proviseurs sont mieux armés », estime Serge Karsenty, coauteur de l’étude. Reste qui si les lycéens « devraient s’habituer sans trop de difficultés, le personnel, qui a toujours eu l’habitude de pouvoir fumer, risque d’être plus difficile à convaincre. » Les élèves vont-ils montrer l’exemple à leurs profs ?

